Archive pour mars 2017

dîtes moi

Vendredi 31 mars 2017

Dîtes le moi. Que reste-t-il une fois que l’on a retiré le vernis ? Nous avions les même rires me semble-t-il. Des rires joyeux, francs, si communicatifs que tous les autres jalousaient notre relation amicale. Ils ne cessaient de poser des tas de questions aussi intimes et personnelles les unes que les autres. L’indiscrétion dont ils faisaient preuve n’avaient pas l’air de les choquer, encore moins de provoquer chez eux le moindre scrupule. J’aurai bien aimé pourtant. À leur place je serai rouge de honte ! Nous partagions les mêmes rêves aussi. Au fond personne ne devrait pouvoir échapper à une réalité dite objective et neutre. La suite ? Je ne sais pas. L’avenir ? Je ne peux rien en dire. Seul comptent à mes yeux tous ces regards échangés, tous ces mots dits en catimini, comme des chuchotements, tous ces manques de toi…tout ceci en dit long sur la profondeur de notre amitié, n’est-ce pas ? Croire que nous vivons tous au milieu d’un immense bal masqué sans que jamais un seul masque ne tombe est juste inenvisageable pour moi.

 

Isabelle FRANC RTTR

Protégé par le droit d’auteur (voir les modalités).

 

Carnaval

Jeudi 30 mars 2017

‌Le soleil pointe le bout de son nez. Ca commence à fleurir un peu partout. Le printemps s’installe bien timidement et avec lui se termine la saison des carnavals et autres festivités en attendant l’été.  Pour certains d’entre nous ces intermèdes festifs sont forcément l’occasion de se costumer afin de défiler dans les rues. J’entends. Ca crie. Ça rigole. Ca danse. Bref, ça s’amuse et c’est une bonne chose me semble-t-il.  Tous ces moments de plaisir pris sont comme des mini revanches sur la dureté de la vie. Tout ce qui sort de l’ordinaire ne peut être que positif. En tout cas, ça semble efficace, cela a le mérite de nous sortir du marasme hivernal et de nous redonner un coup de fouet au moral.  A travers ces rassemblements on crée aussi l’occasion de tisser un lien entre habitants d’une même cité, d’un même quartier. Mais ou ai-je la tête ? Vous ai-je dit que le vocable « carnaval » provient du mot italien (genois) « carneleva » signifiant « enlève chair » ?  Il a conservé son étymologie latine « carnis levare », c’est-à-dire « enlever, ôter la viande, la chair ». Cet événement a ceci de particulier qu’il fait le lien entre une époque révolue, celle des bals,  et la nôtre, celles des boîtes. C’est l’occasion de renouer avec une certaine tradition. Autrement dit le côté gentillet n’est pas obligatoirement suranné. Autrement dit, de l’art de ne pas se prendre au sérieux. Tout à coup j’ai comme un doute. Pourquoi dit-on toujours que les gens savaient s’amuser d’antan. S’amusaient-ils mieux que la jeunesse désabusée actuelle ?

 

Isabelle FRANC RTTR

Protégé par le droit d’auteur (voir les modalités).

 

de la transparence

Mercredi 29 mars 2017

Lorsque j’ai regardé leurs visages, livides et si inexpressifs, je me suis dit que je n’avais rien à voir avec ces gens-là. Je vous avoue que j’ai même fini par prendre peur. Tant de froideur me met si mal à l’aise. Non pas tant que je les déteste- je n’ai aucune raison valable pour cela – mais je ne crois pas avoir grand-chose à échanger avec eux, c’est tout. De fait – ils racontent des tas de trucs qui ne m’intéressent pas, des trucs sur des sujets qui ne me passionnent pas, qui ne me concernent pas  ou de loin. Bien sûr, il m’arrive de les écouter avec sincérité même, parfois, mais je n’éprouve aucun intérêt. Béate, je reste bouche bée à leur tendre un sourire. Une réponse apprise par cœur car il faut bien savoir donner le change dirai-je.  Au bout de tant d’années, c’est assez stupéfiant de s’apercevoir à quel point les gens sont capables de s’épancher sur eux-mêmes des heures durant. Tout juste incroyable ! M’obsède leur ingratitude. Ah ! Ça je ne m’y ferai jamais !  Il existe des égoïsmes narcissiques  qui font que l’on se met à raconter des fables aux autres. Que cachent-ils sous leur masque ?

‌Être juste quelqu’un de bien. Bas les masques !
 

Isabelle FRANC RTTR
texte protégé par le droit d’auteur

 

LEILA

Mardi 28 mars 2017

‌Un roman. Une femme. Un style. J’avais vraiment une envie folle de la découvrir, de faire connaissance avec  son écriture, c’est chose faite depuis ce weekend. J’ai dû parcourir la moitié du roman en un jour. Chanson douce. Comment ne pas se laisser alpaguer par un titre pareil   » chanson douce » ? Un titre porteur qui m’évoque ces chansons qui  ont bercées mon enfance. Je n’avais pas encore pris le temps de lire un roman de cette jeune auteure, franco-marocaine, Leila SLIMANI. Elle vient d’obtenir le prix Goncourt. Quelques mots pour vous dire le choc. Pourquoi faut-il lire Leila SLIMANI ? Parce la lecture de ce roman va être l’occasion d’une prise de conscience. Parce qu’il est impossible à quiconque de sortir indemne de cette lecture. Parce qu’on se laisse entrainer malgré nous dans ce qu’il faut bien nommer l’horreur. Elle nous fait glisser au fil des pages dans une certaine complicité avec la nounou Louise.  Peu à peu l’auteure envisage de nous faire  entrer pour, en fin de compte, faire  partie de cette intimité. Ce qui est à mes yeux terrible !  Ce livre est un pur chef d’œuvre, accompli, achevé, sculpté, qui atteint un certain degré de perfection. J’aime la contemporanéité de son écriture, la modernité de son sujet puisé dans un fait divers américain, thème pourtant rarement traité en littérature.  Merci à Leila de faire preuve de tant de courage ! J’ai tellement adoré que je vais devoir lire son premier roman.

Isabelle FRANC RTTR

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Jeanne A.

Lundi 27 mars 2017

Jeanne est morte. Le printemps s’installe. Les journées rallongent. Jeanne est morte. Jeanne ne verra pas le soleil se lever. Elle ne le verra pas, cela m’est difficile encore d’utiliser le terme  « plus ». Pourtant elle ne le verra plus. Elle ne verra plus ni les fleurs qui poussent, ni les couleurs qui changent. L’affreuse nouvelle m’est parvenue hier en fin d’après-midi via la messagerie instantanée Messenger. Je m’attendais à tout sauf à ces mots qui ouvrent un abyme. Dois-je alors vous dire l’effet que me fait cette triste nouvelle ? J’ai juste l’envie d’hurler. Lorsqu’on est frappé, blessé, ainsi c’est cela qui se passe. Des années durant elle a été mon professeur de danse de caractère. Il est des histoires qui ne cessent de se raconter. Lorsque nos chemins se sont croisés je devais avoir à peine six ans. Je me souviens avoir dit à ma mère que je voulais faire de la danse comme mes copines de classe. Certaines en parlaient. Naïvement dans mon esprit de petite fille il n’existait que la danse classique. Je me voyais déjà enfiler les tutus roses et les pointes. Ce ne fut pas le cas ! Je repense à mon tout premier costume de scène confectionné par une couturière bénévole : une petite robe noire imprimé. J’étais une élève plutôt assidue et studieuse.  Elle m’a appris le prix de la sueur, du travail mais aussi le plaisir et l’humilité.

 

 

Isabelle FRANC RTTR

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ce dimanche

Dimanche 26 mars 2017

Mais il est légitime de se demander ce qui aujourd’hui, à l’heure du tout virtuel, est encore dans l’air du temps, n’est-ce pas ? Vu que plus rien ne semble résister à l’usure. Si je pouvais je passerais la totalité de mes journées à dévorer des livres. Et lire c’est se nourrir. Peu m’importe si lire n’est plus dans l’air du temps…moi, j’aime et d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé. J’ai toujours eu cette attirance pour les mots, cet attrait pour ces moments de solitude où l’on se retrouve face à soi même. Ils étaient là en moi. Je l’ai toujours su. J’aimais m’enfermer entre ces lignes Je croyais que derrière eux se cachait mon âme. Aujourd’hui j’aime que les choses soient dîtes, distinctement, clairement, tout simplement. Il est évident que c’est un dialogue avec ses propres fantasmes, ses propres angoisses et ses propres rêves. Allez, on se dit tout, on joue la transparence, on ne se ment pas. Petite, à l’heure où les autres rêvaient de poupées, moi je demandais à ma mère des livres. Euh…oui, il m’est impossible de concevoir un monde muet, sans paroles, où les mots n’est pas leurs places. Je hais littéralement le silence et son indifférence. Peu m’importe si les mots ne guident plus nos actes mais l’inverse. Bref, j’ai tracé ma route avec eux et je ne suis pas encore rassasié.

 Go pour le salon du livre

 

 

isabelle franc rttr

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Salon du livre…

Samedi 25 mars 2017

Chaque année à la même période le petit monde parisien de l’édition est en ébullition. Les fins de semaine se succèdent mais ne se rassemblent guère. Je m’apprête à passer un dimanche comme je les aime, non pas sous la couette, même si le temps autant maussade que morose nous y pousse. Même si la flemme dominicale nous y entraîne également. Donc dimanche, direction la porte de Versailles, je vais flâner du côté du salon du livre.  J’ai d’ores et déjà  en tête quelques auteures dont j’ai prévu d’acheter les dernières parutions. Parce que des romans aux titres si évocateurs  « Prudence Rock, Cinq seconde.. » J’ai hâte de me plonger dans leurs mots qui sont toujours si enveloppants. J’ai aussi l’intention de rencontrer une nouvelle auteure, comme on dit l’occasion fait  le larron. Toute une journée à déambuler dans les allées au milieu des stands, pressée par la foule, revenir crevée, exténuée mais les bras chargés de livres, de rêves et des vies des autres. Lire c’est s’évader. Lire c’est apprendre à s’aimer en aimant l’autre. Ceci dit, il ne me reste plus qu’à enfiler la tenue adéquate ; jean, basket…

Isabelle FRANC RTTR

Texte protégé par le droit d’auteur

Entre soi

Vendredi 24 mars 2017

‌Cela n’est sans doute pas la première fois que je vous en parle. Depuis quelques temps déjà je constate que les gens se replient sur eux-mêmes, protègent  leurs acquis, défendent leur classe sociale, préservent leurs privilèges. Ils cherchent ainsi  à vivre entre eux, se raccrochant à des chimères.  Ils partagent les mêmes codes, les mêmes mots sans doute. On ne se sent jamais aussi bien, pour ne pas dire mieux, qu’au milieu de ses semblables nous disent-ils en chœur.  Il est vrai que c’est forcément plus simple. Cela se nomme donc l’entre soi. Fréquenter des gens uniquement de son niveau. Feindre une relative indifférence au monde extérieur au sien. Ce phénomène se développe, prend de plus en plus d’ampleur. L’entre soi semble être devenu à la mode me direz-vous. Une tendance ? Est-ce la peur qui fait se recroqueviller ainsi l’âme? Se plier. Se courber. S’arquer. S’arrondir. Je m’aperçois que certains signes sont apparus très tôt bien avant que j’en prenne conscience. Ce mouvement vers soi est tout le contraire de l’état amoureux.  Et bien, qu’espèrent-ils au juste ? Toute ma vie, loin d’être un long fleuve tranquille, n’aura été qu’un «  acceptez-moi svp ». En vain je lutte pour faire de ma vie une réussite.

 
Isabelle FRANC RTTR

Protégé par le droit d’auteur (voir les modalités).

 

contre-courant

Jeudi 23 mars 2017

‌Jusqu’au petit matin il a nagé à contre-courant, vois-tu. Sa respiration haletante, courte et précipitée, me parvenait comme un lointain murmure. Comment pourrais-je atteindre son rivage ? Cette nuit  j’ai perçu comme un frisson qui convulsait son corps. Il a rêvé de je ne sais quoi, mais quelque chose dont j’étais totalement exclue. Il n’a rien voulu raconter à ce propos lui d’habitude si prolixe. « Muté » dans son silence. Comment puis-je attendrir son âme ? Je me retrouvais être une simple spectatrice de sa souffrance. Est-ce une angoisse ? Il m’a tourné le dos, sans un mot, sans un regard, sans rien.  Dis-moi ou est cet endroit où tu pars chaque nuit, que je puisse te rejoindre. Tu sais comment t’évader toi. Dis-moi pourquoi tu ne m’emmènes pas avec toi. J’ai juste envie d’être deux. Juste envie de me plonger dans ton monde fantasmatique, ça a l’air si magnifique. Si beau. J’imagine qu’on doit se sentir plus fort après, n’est-ce pas ?  Oh ! Comme j’aimerai t’aimer comme tu m’aimes, sans attaches, sans liens, mais pour cela il me faudrait d’abord renoncer à toi, et cela je ne le peux pas. Peux-tu comprendre combien cela m’est impossible ; c’est au-dessus de mes  forces. L’amour parfait donc n’existe pas. Il y en a un des deux qui donne toujours plus.

 

Isabelle FRANC RTTR

Protégé par le droit d’auteur (voir les modalités).

Chendy For ever

Mercredi 22 mars 2017

 

‌Que serais-je sans sa voix ? Je suis venue, je l’ai vue, je l’ai entendue. Cela fait plus de dix ans que je la connais à présent. Que je vous parle d’elle. De cet ange qui a croisé mon chemin. Notre première rencontre date de cet été 2006. Commençons donc par évoquer le lieu : une station balnéaire en Méditerranée, à quelques kilomètres de Collioure. Cet été-là, je suis allée pour la première fois en vacances à Saint Cyprien. J’ai loué juste une semaine. Ce fut le fruit du hasard. Deux moments forts restent gravés en ma mémoire. Primo, je me souviens de l’arrivée, dans cette lumière crépusculaire, la remontée de la longue avenue vers la mer, ombrée de palmiers. Chose incroyable quand, comme moi, on est une pure parisienne. Secundo, je me souviens de ce mardi soir, à la Tour Vermeille, de cette voix que j’écoutais, de cette beauté que je contemplais. Mon souffle, mon regard sont tous deux restés suspendus là-bas à jamais. J’aimerai tant vous la décrire dans ce qu’elle a de plus singulier. Mais comment vous rendre compte ? Comment vous dépeindre d’elle une image fidèle ? Comment parvenir à vous transmettre ce sentiment d’attachement, à vous qui ne connaissez pas cette femme. A vous pour qui elle n’est encore qu’une inconnue, une femme  parmi tant d’autres tandis que pour moi elle est devenue au fil des années mon ange. Dîtes-moi comment vous faire ressentir cette affection qui me relie à elle, si loin soit-elle…Vous dire quoi ?

Chendy for ever

Isabelle FRANC RTTR

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