Archive pour mai 2017

Vieillir

Mercredi 31 mai 2017

Décharnée. Un jour, je me sentirai vieille, inutile et bien seule.  Je me dirai épuisée. Je serai vannée, pire, vidée. Éreintée par tant de discernement. Anéantie par tant de discorde. Je ne saurai me convaincre d’avoir été à la hauteur. Est-ce que les autres seront là pour me le faire entendre ? Tôt ou tard, on finit toujours dans un certain renoncement. De guerre lasse, je laisserai tout en friche, à l’abandon. Je crois que j’attendrais que les saisons reviennent, que les amitiés reprennent. Et maintenant, me voilà en boule ; accroupie au milieu de ce clair-obscur, c’est toi que j’appellerai. Forcement. De toutes mes forces je crierai ton nom, ou plutôt ton prénom. Il y a des cris de joie et d’autres, ceux-là, de détresse. Ma mémoire sculpterait ton visage, je dessinerai tes traits un à un, il faut dire que je les connais par cœur, je les ai si souvent caressé. On ouvre les yeux, on les écarquille mais on persiste à garder le silence. Une bouche se doit d’être close et muette, et attendre son heure. Mes racines s’enfoncent dans les abîmes de ton corps. Chacune de ses courbes est une invitation à s’éveiller à la sensualité. Pour toi, ce qui ne se voit pas, caché, n’existe tout simplement pas. J’avais réussi à évincer toutes ces mauvaises herbes qui faisaient de l’ombre pour t’offrir un bonheur tout neuf., sans épines ni orties. J’ai regroupé en un tas toutes ces herbes arrachées et mises par coté. Elles sont destinées à être brûlées. Je m’attarde, je m’attarde mais je dois me concentrer pour ne pas oublier mes rêves. Je veux devenir de plus en belle, de plus en celle que j’étais censée être au départ. Elle manque celle-là.

isabelle franc rttr

texte protégéimages

des larmes

Mardi 30 mai 2017

 Une onde de nostalgie embrumât ses yeux bleus. Je les vis doucement devenir tour à tour humides, brillants, se mouiller, laissant apparaître comme un vitrail diaphane. Elle ne s’en étonnât guère.  Ces petits lacs salés formèrent un territoire inconsistant dont elle, seule,  avait le privilège de jouir et de détenir la clé . Elle pouvait y pénétrer et naviguer selon son gré. Aucun débordement n’était envisageable. Elle se dit qu’il était venu le temps de relier tous ces vieux souvenirs, de construire un pont entre ces nombreuses émotions ; de bâtir des passerelles entre ces vies parallèles. Elle soupirât. Haussât les épaules. La vie ne s’arrête pas là. Ou vont ces larmes qui ne coulent pas ? Ou partent ces mots qui ne sont pas dits ? Ceux qui s’étranglent dans la gorge, ceux qui font pression…Sont-elles ces vagues monstrueuses qui soufflent en elle . Sont-ils ces frémissements imperceptibles qui rident son visage? Tout cela semble avoir été laissé, en friche là, au hasard du vent.

Jadis, il lui semblait être heureuse. Ce temps révolu n’est pourtant pas si loin.

 images

 

Isabelle FRANC RTTR

Protégé par le droit d’auteur (voir les modalités).

 

Vis à vis

Lundi 29 mai 2017

Le regard indifférent est un perpétuel adieu.” Malcolm De Chazal – Sens plastique

Je savais qu’un jour ou l’autre je finirais par parler de ton regard. Ecrire dessus.

Grandiloquente. D’accord, je me suis si souvent cachée derrière vous. Vous, votre allure imposante, presque écrasante. Je vous voyais si fier. Votre stature, grande, haute, voire triomphante, ne me faisait pas de l’ombre car, en réalité, je la cherchais. Elle recouvrait mes peurs et mes pleurs d’une illusion si frêle et transparente. Là, ou personne ne pouvait me voir, ni même deviner mon souffle, j’existais.

 Pourquoi dîtes-vous que je me cachais ?

Qu’est-ce qui vous a donné cette impression là ?

Alors il suffit de s’ôter de votre regard pour ne plus être considéré ?

Ô, comme je sentais bien à l’abri derrière votre regard. Ces lueurs qui les traversent parfois je ne les vois nulle part ailleurs. Nul autre regard n’est rempli d’étoiles comme le vôtre. Moi, j’ai juste envie de voler vers elles. De me laisser guider par la plus lumineuse, disons. Jusqu’ici, j’avais la terrible impression de vivre parmi les aveugles. Je ne suis pas effrayé par cet afflux de sensations plus intenses les unes que les autres. Leurs forces ne me dérangent nullement. Quand à leurs faiblesses, ce sont elles qui m’apaisent. Ce qui serait effrayant c’est de ne plus pouvoir me concentrer sur l’essentiel. Alors sans trop comprendre ce qui m’a pris, j’ai détournée tous vos regards, tourneboulé, renversé. Je sais combien cela est difficile à comprendre, même pour vous. Cela doit faire partie de ces attractions et incertitudes des regards.

Q12

isabelle franc rttr

texte protégé par le droit d auteur

Neuf semaines et demi

Dimanche 28 mai 2017

Elizabeth McGraw, divorcée, travaille à la Spring Street Gallery, une galerie d’art de New York. C’est en faisant ses courses chez un épicier chinois qu’un homme la remarque et provoque chez elle un certain émoi. Ce mystérieux inconnu ne tarde pas à l’aborder et l’invite à déjeuner dans un restaurant italien. Ainsi débute une relation torride, régie par des rapports de domination de plus en plus puissants. Elle durera 9 semaines et demi.

Comme je vous l’ai déjà écrit, je ne vais pas si souvent au cinéma. Mon humble avis est que je trouve ce loisir relativement onéreux, pas à la portée de tout le monde. Je ne suis pas non plus pour alimenter cette société du spectacle – voir Guy DEBORD . Je ne suis pas vraiment fan de Marilyn, même si je reconnais sa beauté, surfaite et ô combien génératrice de fantasme plus torrides les uns que les autres, n’est-ce pas messieurs ? C’est bien à vous que je pense en particulier. Je ne peux m’empêcher de voir l’arbre derrière la forêt : sa souffrance.

images (2)

C’est la raison pour laquelle j’ai toujours eu une immense préférence pour l’érotisme.

Ceci dit, il m’arrive de regarder des films à la télévision un an après leurs sorties sur grand écran. C’est ainsi que j ‘ai pu voir le film mythique parmi tous : Neuf semaines et demi. JAMAIS aucun film ne m’a laissé un souvenir si mémorable. L ’esthétique chic et élégante est chargée de sensualité où plane la tension du désir. Laquelle d’entre nous n’a jamais fantasmé une situation semblable ??

images (1)

J’avoue que le coté bad boy.. euh.. comment vous dire, exerce sur moi un certain attrait.

isabelle franc rttr

texte protégé

Esprit nomade

Samedi 27 mai 2017

Liberté apparente du nomadismequi obéit à des règles éternelles, de temps et de lieu.  O. WEBER

D’où vous êtes, vous ne pouvez voir que l’extérieur. Cette façade, non fissurée, si bien entretenue, qui vous apparaît si inébranlable.

J’ai peut-être l’esprit nomade mais si lucide. Terrible. Horrifiant. Ces pulsions qui s’entrechoquent sans que je parvienne à les faire plier. J’entends ces ondes de choc. Incontrôlable, devient cette âme qui est vue comme étant la mienne. Je l’ignore. J’ai appris que l’amitié comme l’amour traversent des époques. Je ne sais pas si les similitudes s’arrêtent là. Je n’ai jamais été versatile ni dans mes histoires d’amour(e), ni dans mes relations amicales. Ô que tout est clair dans ma tête. Du moins, ai-je toujours su ce que je ne voulais pas. Alors à toi qui m’aimes, à toi que j’aime, aussi, cela est une chose acquise sur laquelle il est inutile de revenir. Deviser, pourquoi faire ? Un tel débat n’a plus lieu d’être. Si tel n’était pas le cas, je ne vivrai pas aussi mal tes silences et tes absences. On a su se parler et oser se dévoiler sans tabou ni fausse pudeur.

Tu as percé à jour ma douleur. Qu’en as-tu fait ? Chaque jour, je déverse des tonnes d’amour sur toi. Quand je vais mal, j’éprouve le besoin de te le dire. Quand tu vas mal je sais être présente et t’écouter. T’accorder de mon temps ainsi que le bénéfice du doute. On peut me reprocher de me montrer trop pressante, trop investie, trop envahissante. Je laisse exploser mes colères.

 Je devrais prendre le large, apprendre à vivre seule, dit-on. Oui notre histoire me fait rêver et elle continuera tant que je m’accrocherai à ta main.

443_2

isabelle franc rttr

texte protégé

 

 

de fait..

Vendredi 26 mai 2017

De fait, il y a des tas de choses que je déteste. Des attitudes, des mensonges, des tocs. En tête de liste je place la méchanceté gratuite, celle qui vise à jouir du mal que l’on inflige sciemment à l’autre sans autre raison que le mépris. Ils le font volontairement en croyant être juste. C’est cela qui m’est intolérable. Ils ne nous connaissent pas, n’ont jamais échangé le moindre mot avec vous et au hasard d’un mot choisi, se moquent ouvertement de vous. Les sarcasmes sont alors apparus, amers et blessants. Ils sont cette part d’ombre de l’humanité, ils portent en eux cette violence, cette frustration, cette perversion. Je ne rentre pas dans ces jeux sado-masos. Je refuse. Je refuse d’être, encore une fois, la proie de ces prédateurs. Je refuse d’être celle qu’ils veulent que je sois, cette chose, mise en case. Je refuse de servir de défouloir à ces êtres abjectes. . Étiquetée comme un produit de supermarché. Tant pis, ils traînent avec eux, ces malheureux, leurs sombres idéaux, inaccessibles. Leurs yeux noirs et sombres doivent se remplir de haine et de dégoût. Je vois leurs visages se plisser de colère et de rage. Ils cherchent désespérément à exister. Quelles sont donc les sources de ces Ont-ils gardés au fond de leurs cœurs ces milles et unes épines ? Je l’ai déjà dit, je le répète. Je ne supporte pas la vulgarité aussi. C’est devenu chez moi quelque chose de rédhibitoire. C’est elle que j’ai vu sur les visages. Je la regarde comme étrangère à moi. Et à chaque fois elle me surprend, me laissant pantoise. C’est elle, n’est-ce  pas? C’est elle la quête vaine et utopique. Je joue donc l’indifférente.

 sans-titre

 

isabelle franc rttr

texte protégé

magie

Jeudi 25 mai 2017

Certes, la magie a cessé d’opérer et tout est redevenu ordinaire. Il faut peu  de choses pour dresser le tableau de cette banalité. La mer a cessé d’être agitée, le vent est retombé. Les pas ont repris, au même rythme, plus légers peut-être. C’est une erreur que nous faisons. On dit qu’il ne faut jamais relire les choses du passé, qu’il vaut mieux ne rien remuer, cela afin d’éviter de se faire souffrir inutilement. Et pourtant, c’est un besoin qui réapparaît régulièrement, sourd, diffus, ça grandit, ça grandit. . Ça provoque dans le ventre des crampes, des palpitations au cœur.

 Tout semble être dans la suffisance de la réponse. Paroles, paroles et paroles.  Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai cet air-là qui me poursuit sans cesse, il trotte dans ma tête depuis quelques jours. Ces mots ont cessé de me faire rêver comme avant, lorsque j’avais encore vingt ans. Ceux-là, certes mais pas les autres. Je veux dire pas forcement tous. Autrement, comment  comprendre sinon que ces mots ont fini par avoir ma peau.  Alors je me suis tu, j’ai préféré garder pour moi toutes ces idées qui affluaient.  J’ai laissé le temps à la mémoire de faire son travail d’archivage.

 Et le regard est arrivé, s’est posé, retourné puis révolté. Désormais tout notre échange se fera par ce biais-là. Je sais lire tant de choses dans son regard. Elle m’aimait de son regard. Bien étrange sentiment que celui de se sentir désaimé. Désinvesti de toute émotion. Qu’est-ce donc une relation sans passion ? Et je me moquais de tout. Du temps qu’il faisait, des courses à faire, du ménage du studio, seul m’obnubilait son visage.

 

images

isabelle franc rttr

texte protégé

De plaire

Mercredi 24 mai 2017

Elle aimerait plaire au plus grand nombre. Ça restera son rêve, sa blessure et sa plus grande déception. Elle n’a pas compris de quoi cela dépendait. Elle a cru le savoir, peut-être. Mais personne ne sait comment on se fait aimer de tout le monde. Comment pourrait-on savoir ça ? Ça ne s’apprend pas. C’est écrit nulle part. Cela est. Elle sait parfaitement aller à l’essentiel. Elle ne perd pas son temps avec les détails. Ceux qui passent leur temps à échafauder des stratégies, des théories plus ou moins scabreuses la font fuir. Elle tient à distance tous ces grands calculateurs, ces bonimenteurs qui ont toujours en tête des plans pour parvenir à leurs fins. Ce n’est pas faux. Ce n’est pas pour autant qu’elle n’a aucune réflexion. Elle arrache les masques pour mettre à nu le vrai – ce qui ne ment pas. Et lorsque l’autre la touche, la caresse c’est avec son intellect qu’elle l’aime. On ne décide pas de ces choses-là.

2261264605

isabelle franc rttr

texte protégé

Décadence

Mardi 23 mai 2017

Notre époque semble impolie. Noire et terrible.

Grise ?

Irrésistible,

Comme une envie de séduire à nouveau.

Me voilà, vamp d’une heure, d’un soir ou plus.

Imprévisible,

Il y aurait trop de choses à en dire.

Que dire de mes déboires ?

Que dire de mes dérives ? Cadence ou décadence ?

J’ai décidé tout simplement de vivre. De m’offrir ce luxe de choisir et de ne plus me contenir. En un mot, je tente de sourire. J’ai trop eu la désagréable habitude jusqu’ici d’être inconsidérée comme une bizarrerie. Ai-je à ce point une tête d’ahu

Impolie ou mal polie. Aux yeux de tous elle l’est. Elle semble se complaire dans sa propre vulgarité. Cet ensemble ressemble à une armée de frustrations, de peurs, de pudeur, de replis, sur soi ou autres qui creusent les tracés du chacun pour soi. Bref, personne ne semble plus trop savoir ou on va. Chaque époque porte en elle la genèse de la suivante ; son esthétique, sa morale, son échec. On ouvre les yeux, on les écarquille mais on garde le silence.

 

Pudique ou impudique ? La tête baissée, les yeux rivés vers le sol, inclination si pudique, que contredit le rouge rubis de la bouche. Cette femme de la photographie n’ose un battement de cil, elle n’ose relever sa tête pour vous regarder, vous. C’est de l’inclinaison qui titille votre regard que naît le désir. En vamp, elle se trouve si craquante ainsi vêtue. Elle vient de vous avouer de quelle façon elle s’imagine. Abondantes, ces hanches si généreuses et prometteuses de sensualité. Aussi magnifique soient-elles, ce sont ces courbes qui contraignent tous nos regards, les troublent et les humanisent. Tour à tour, regard d’ange, amical, protecteur, avide puis il devient animal, celui d’une bête aux abois. Quant à elle, la ligne du décolleté fait chavirer les cœurs, les corps.

 

1421398000490298

 

Pfff …. une image renversante !!

 

isabelle franc rttr

texte protégé

 

 

 

 

 

 

Jeu d ombres et de lumiere

Lundi 22 mai 2017

Chacun peut maîtriser une douleur, excepté celui qui souffre.
Citation de William Shakespeare ; Beaucoup de bruit pour rien (1600)

C’est un jeu d’ombres et de lumière entre elle et moi.

Est-ce une chose curieuse ? Forcement, c’est une des composantes de ma vie. Fidèle, elle me chicane, me ricane et en même temps elle tente de m’accompagner. Elle me renverse si souvent. Me met la tête a l’envers sans cesse. Ma douleur, je la garde comme s’il s’agissait d’un trésor de guerre ; je la regarde enfouie au fond de moi, tapie au creux de mes tripes. Je la connais et l’accepte en tant que telle. Je la côtoie parfois. J’ose lui faire face. Je lui tiens tête chaque jour qui passe. Elle ne rend pas les armes, moi non plus.

Quand je suis née je n’étais pas une enfant désirée. Évidement, j’ai du grandir avec cette image là de moi. En sachant cela. On m’a appris à m’effacer devant les autres. On m’a appris également que tout ce que je disais n’avait en soi pas de valeur, ou si peu. Tout ce que je pouvais dire mentait. Je me souviens qu’aucune attention n’était portée à mes propos, et là, je ne parle même pas des idées. C’est bien simple, c’est comme s’il n’y en avait pas eu. Je fais partie de ce genre de femme qui a besoin de sublimer l’amour, j’ai besoin d’admirer celui que j’aime. Observant leurs attitudes, je me tiens toujours à l’écart des autres.

Je crois qu’il s’agit en fait de les regarder vivre, être, voir les mimiques, les sourires afin de mieux aller à soi. On attend toujours le moment ou elle va nous ouvrir ces bras, immenses tentacules, pour nous embrasser. J’aurais toujours autant de caractère et de charme…et délicate.

 17021635_10213349772962834_101009257445527027_n

isabelle franc rttr

texte protégé

credit photo : isabel cottet

1234