En aparté (extrait)

Comme à chaque fois que cela a dû arriver, c’est dans le silence que ça a eu lieu. Il faudrait se demander pourquoi ça ne se produit pas autrement.  Et puis d’où vient cette impossibilité. Je ne crois pas que cela aurait été possible autrement.

Un regard échangé auquel personne ne prête attention car on ne se doute pas de son importance à venir. Un sourire discret, c’est ainsi que commence ce qu’il est convenu d’appeler le jeu de la séduction. Tenu, c’est si infime, le genre de détail qui peut avoir des conséquences dévastatrices. Qui n’a jamais connu le délice de succomber à ces petits signaux discrets, sentant bien que quelque chose vient de se passer en l’espace de cinq secondes. Homme ou femme cela ne fait pas de différence. C’est ce qu’il y a de plus vrai, de plus inconnu, c’est ça qui vous foudroie. Cette certitude d’être le même désir.

L’indicible est violent, il se veut brutal, il ne laisse pas la place à autre chose. Il a l’obligation de se d éployer. Personne ne peut lutter, ca ne sert à rien. C’est vain. Fermer les yeux, les baisser, apaise cet aveuglement. On s’arroge le droit d’être intrusif  dans le désir de l’autre. Alors de quelle ambiguité parle-t-on ? L’indicible explore ce qui se situe hors-champs, amorce un lien jusqu’alors inexploré.

Je suis neuve de ce désir. Tu ne me reconnaîtras plus, toi , ni personne. 

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isabelle franc rttr

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« En aparté » extrait

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