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D’après

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D’après ce que j’ai pu savoir, pu appréhender, comprendre et saisir d’elle, cette femme, n’a pas été une des femmes les plus heureuses. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle fut malheureuse. Je sais aussi qu’elle s’en mord les doigts aujourd’hui. Je la revois pourtant leur interdisant, à eux les enfants, de contredire l’unique homme de la famille qui régnait sur nos vies comme un patriarche. Était-ce pour cette raison-là ? Je ne sais pas. J’ignorais jusqu’à peu tout des ses motivations. Tout jusqu’à ce que j’analyse, décortique son enfance à elle, c’est toujours là que se trouvent les pierres qui jalonnent n’importe quel chemin de vie. Elle nous regarde et on sait d’instinct que nous devons nous taire. J’imagine que cela devait être la même histoire à son époque, voire encore pire. Les enfants n’avaient pas droit à la parole. Elle n’a dit que peu de choses à ce sujet. Et les rares choses rapportées s’avèrent bien peu suffisantes pour tracer l’intégralité de sa vie. Un jour elle a cessé de raconter parce qu’elle a cessé de se souvenir de ces heures-là. Nous avons accepté son silence. Pardonné ses blancs. Et comme elle n’a pas vu que nous pleurions elle n’a pas vu qu’elle ne savait pas nous aimer comme les autres mères. En quelque sorte elle n’y est pour rien, on ne peut pas dire que cela soit de sa faute, n’est-ce pas ? Je me souviens parfaitement qu’elle-même s’accrochait à s a mère. Que la douleur fut terrible, si intense quand elle disparût. Pourquoi nous trouvons-nous si sidérés à cet instant précis ? 

In fine, j’ai eu la chance d’avoir cette mère.

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