Et sinon

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Ceci fut mon avant. J’attends l’après. Je m’abrite dans le salon. D’ailleurs, je le connais par cœur. Je me suis assise en tailleur, jambes repliées sous les fesses, sur le canapé gris, j’ai apposé l’ordinateur sur les genoux, je navigue sur FB, je lis, je regarde, j’écris. Jadis, à cet endroit même, il n’y avait pas de canapé. La mère avait installé la salle à manger, une table ronde, de style Louis XV, c’est à dire des courbes et contre courbes, table autour de laquelle s’organisait la circulation, la vie des uns et des autres, nous sommes quatre âmes vivantes, quatre chaises cannées,, elle tenait particulièrement à son buffet dans lequel elle réussissait à caser l’ensemble de la vaisselle, assiettes plates, creuses, verres, plats, soucoupes, tasses, ménagères de couverts et autres – il encombrait tout l’espace. C’est chaque fois l’occasion de me replonger dans cette enfance, ce lieu décomposé en deux pièces, j’y ai grandi, tout un monde inconnu pour la plupart, voire inimaginable. Ici, tout a changé et rien n’a bougé, mémoire statufiée, ici, il y a des intonations récurrentes, quasi fantasmagoriques, des désirs troublés, confus, perdus…je n’avais ni surnom, ni visage distinct ; je me laissais porter par le roulis des jours qui se succédaient parce qu’il n’y avait rien de mieux à faire. Et puis, les fresques de la période enfantine sont les plus prégnantes, au delà, elles continuent de nous protéger. .J’aimerais tant qu’il en soit ainsi à tous les âges – ceux de la vie comme les autres, du sexe, de la maternité, de la solitude, voilà. Je dors à nouveau dans ma chambre d’enfant, c’est un grand rectangle blanc, je vois qu’a survécu l’innocence, la foi, la lumière qui brillait dans nos yeux. Parce qu’il y a tout ca, là, devant moi que je comprends ma mère…je crois que je ne souffrirai plus. Tout a retrouvé sa place. Comme une fin. Une boucle bouclée. Elle n’a pas fait de moi quelqu’un, juste quelqu’un de bien. Et je ne l’ai jamais trouvé aussi belle.

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 isabelle franc rttr

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